Chaque année, c’est la même scène en assemblée générale. Le syndic projette le budget, la ligne « assurance » a encore pris 15 ou 20 %, et personne dans la salle ne sait vraiment pourquoi. Je passe une bonne partie de mon temps dans des copropriétés d’Île-de-France, de l’immeuble haussmannien de douze lots à la résidence de trois cents logements. Ce guide explique ce que paie votre prime, pourquoi elle monte, et ce que votre conseil syndical peut faire pour la ramener au juste prix.
En bref
- L’assurance d’une copropriété coûte en moyenne autour de 125 € par lot et par an en France, et souvent 150 à 400 € par lot dans les immeubles anciens des grandes villes.
- La prime de la multirisque immeuble se calcule sur la surface, l’âge et l’état du bâtiment, ses commerces, les garanties retenues et, surtout, la sinistralité des dernières années.
- Les dégâts des eaux restent le premier sinistre des immeubles : ils pèsent lourd dans le prix, et la convention IRSI décide qui les gère selon leur montant (1 600 € HT, 5 000 € HT).
- L’assurance de responsabilité civile du syndicat est obligatoire depuis la loi ALUR ; la multirisque complète ne l’est pas par la loi, mais le règlement de copropriété l’impose presque toujours.
- Le contrat du syndicat se résilie en principe à l’échéance annuelle, avec un préavis : une mise en concurrence se prépare donc plusieurs mois avant l’assemblée générale.
Combien coûte l’assurance d’une copropriété ?
L’assurance d’une copropriété coûte en moyenne autour de 125 € par lot et par an en France en 2025, selon les observatoires de charges des grands gestionnaires. En Île-de-France, et surtout dans l’ancien parisien, 150 à 400 € par lot sont courants. Ramené à la surface, on cite souvent environ 2 € par mètre carré et par an à Paris, trois à quatre fois plus que dans certaines villes de province.
| Profil de l’immeuble | Prime annuelle observée, par lot |
|---|---|
| Résidence récente, sans commerce, peu sinistrée | 80 à 150 € |
| Immeuble des années 1960 à 1990, banlieue d’Île-de-France | 120 à 250 € |
| Immeuble ancien de Paris ou de la petite couronne | 150 à 400 € |
| Immeuble avec restaurant ou commerce à risque en rez-de-chaussée | majoration de 15 à 50 % de la prime |
| Copropriété très sinistrée, résiliée par son assureur | prime doublée, voire refus |
Ordres de grandeur du marché en 2025 et 2026, pas un devis. La moyenne par lot cache des écarts énormes : un lot de parking ne pèse pas comme un appartement de 120 m².
Le montant par lot baisse quand la copropriété grandit : les frais fixes du contrat se répartissent sur plus de lots, et un grand ensemble se négocie mieux. À l’inverse, un petit immeuble ancien de huit ou dix lots paie souvent plus cher par lot qu’une résidence de deux cents logements.
Combien paie chaque copropriétaire ?
Chaque copropriétaire paie une part de la prime de l’immeuble proportionnelle à ses tantièmes de charges générales. L’assurance de l’immeuble fait partie des charges liées à la conservation et à l’entretien des parties communes : elle se répartit selon les quotes-parts fixées par le règlement de copropriété, comme le ménage de l’escalier ou l’entretien de la toiture.
Prenons un immeuble dont la prime annuelle s’élève à 12 000 € TTC, divisé en 10 000 tantièmes. Un appartement de 450 tantièmes paie 540 € par an au titre de l’assurance de l’immeuble ; un studio de 120 tantièmes, 144 € ; une cave de 5 tantièmes, 6 €. C’est pourquoi la moyenne « par lot » trompe : elle mélange des appartements, des caves et des parkings.
| Lot | Tantièmes | Part de la prime de 12 000 € |
|---|---|---|
| Appartement de 4 pièces | 450 / 10 000 | 540 € |
| Studio | 120 / 10 000 | 144 € |
| Local commercial | 600 / 10 000 | 720 €, hors surprime éventuelle imputée au lot |
| Cave | 5 / 10 000 | 6 € |
À cette part s’ajoute l’assurance de chaque copropriétaire pour son propre lot : multirisque habitation s’il l’occupe, assurance de propriétaire non occupant s’il le loue. Les deux contrats ne font pas doublon : l’un couvre l’immeuble et le syndicat, l’autre votre mobilier, vos embellissements et votre responsabilité personnelle.
Comment se calcule la prime d’une multirisque immeuble ?
La prime d’une multirisque immeuble se calcule d’abord sur la surface développée de l’immeuble et sur son profil de risque, puis sur les garanties et la franchise choisies. Contrairement à un château, on raisonne rarement en capital déclaré : la surface fait office de base, et l’assureur garantit la reconstruction de l’immeuble sans plafond fixé à l’avance.
Les critères que l’assureur regarde :
- La surface développée, parties privatives et communes comprises, souvent avec une décote pour les caves et les combles non aménagés.
- Le nombre de lots et leur usage : habitation, bureaux, professions libérales, commerces.
- L’âge et l’état du bâtiment : date de construction, matériaux, toiture, colonnes d’eau en fonte, installations électriques.
- La sinistralité des trois à cinq dernières années, en nombre de sinistres et en montants payés. C’est souvent le critère qui pèse le plus au renouvellement.
- Les garanties et les franchises : dégâts des eaux, recherche de fuite, bris de glace, responsabilité civile, protection juridique.
- La surprime catastrophes naturelles, la taxe sur les conventions d’assurance et la contribution attentats, ajoutées à la fin.
L’assurance de l’immeuble est-elle obligatoire ?
Oui pour la responsabilité civile, en pratique oui pour le reste. Depuis la loi ALUR de 2014, le syndicat des copropriétaires doit être assuré contre les risques de responsabilité civile dont il répond : un passant blessé par une chute de pierre, un voisin inondé par une canalisation commune. Chaque copropriétaire, qu’il occupe son lot ou le loue, doit lui aussi s’assurer en responsabilité civile.
La multirisque immeuble complète, qui couvre les dommages au bâtiment lui-même, n’est pas imposée par la loi. Mais le règlement de copropriété l’exige presque toujours, et aucun conseil syndical sérieux ne laisserait un immeuble sans garantie incendie ni dégâts des eaux. C’est le syndic qui soumet le contrat au vote de l’assemblée générale.
Que couvre une multirisque immeuble ?
Une multirisque immeuble couvre le bâtiment et les parties communes contre les principaux dommages, ainsi que la responsabilité civile du syndicat. Les garanties de base se ressemblent d’un contrat à l’autre ; ce sont les plafonds, les franchises et les exclusions qui font la différence de prix. Je détaille chaque garantie sur ma page assurance multirisque immeuble.
- Incendie, explosion, foudre, y compris les frais de démolition et de déblai.
- Dégâts des eaux, avec ou sans la recherche de fuite, souvent plafonnée.
- Tempête, grêle, neige, catastrophes naturelles et catastrophes technologiques.
- Bris de glace des parties communes : portes vitrées, verrières, miroirs du hall.
- Vol et vandalisme dans les parties communes, souvent avec une franchise élevée.
- Responsabilité civile du syndicat et défense recours.
- Protection juridique, utile pour un litige avec un voisin, une entreprise ou un ancien syndic.

Pourquoi les primes de copropriété augmentent-elles autant ?
Les primes augmentent parce que les sinistres coûtent plus cher, arrivent plus souvent et touchent des immeubles qui vieillissent. Les dégâts des eaux restent le premier sinistre de l’habitation, l’incendie coûte de plus en plus cher, et les épisodes climatiques se multiplient. Dans l’ancien, des colonnes en fonte et des toitures fatiguées concentrent une grande partie des sinistres.
Plusieurs chiffres résument la tendance :
- les dégâts des eaux représentaient 43,7 % des sinistres habitation déclarés en 2024, pour environ 2,4 milliards d’euros d’indemnisation ;
- leur coût d’indemnisation a plus que doublé en vingt ans ;
- la surprime catastrophes naturelles est passée de 12 à 20 % en 2025 ;
- en 2025, la ligne assurance des copropriétés a pris de 10 à 16 % selon les observatoires, et environ 21 % à Paris.
Certains assureurs se retirent aussi du marché des immeubles, ou n’acceptent plus les copropriétés les plus sinistrées. Moins de concurrence, c’est moins de pression sur les prix. Quelques exemples de sinistres en copropriété et de leur gestion montrent comment un dossier se dégrade.
Dégâts des eaux : qui paie, et comment ?
Pour la plupart des dégâts des eaux en copropriété, c’est la convention IRSI, en vigueur depuis le 1er juin 2018, qui organise l’indemnisation entre assureurs. Elle fixe qui gère le dossier selon le montant des dommages, et évite qu’un sinistre courant ne bloque des mois entre plusieurs compagnies.
| Montant des dommages, par local | Qui gère | Recours entre assureurs |
|---|---|---|
| Jusqu’à 1 600 € HT (tranche 1) | l’assureur gestionnaire du local sinistré | non, sauf sinistres répétés |
| De 1 600 à 5 000 € HT (tranche 2) | l’assureur gestionnaire, avec un expert unique | oui |
| Au-delà de 5 000 € HT | les conventions entre assureurs et le droit commun | oui |
La recherche de fuite, souvent indispensable pour arrêter un sinistre, est prise en charge selon des règles propres. Vérifiez son plafond dans le contrat de l’immeuble : dans un bâtiment ancien, une fuite sur une colonne encastrée se cherche rarement en une heure. Les règles de la convention IRSI et de la recherche de fuite sont reprises sur ma page copropriété.
Que contient la prime TTC d’une copropriété ?
Sur l’avis d’échéance de l’immeuble, trois lignes s’ajoutent à la prime de l’assureur : la surprime catastrophes naturelles, la taxe spéciale sur les conventions d’assurance et la contribution attentats. Ensemble, elles représentent près de 40 % de la prime nette d’un contrat de dommages.
| Ligne | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Prime nette de dommages | hypothèse, dont la moitié pour l’incendie | 8 000 € |
| Surprime catastrophes naturelles | 20 % × 8 000 € | 1 600 € |
| Taxe sur la part incendie | 30 % × 4 000 € | 1 200 € |
| Taxe sur les autres garanties | 9 % × 4 000 € | 360 € |
| Contribution attentats | montant fixe par contrat | 6,50 € (8,50 € en 2027) |
| Total | 11 166,50 € |
Copropriété avec commerces : quel surcoût ?
Un commerce en rez-de-chaussée change le risque de tout l’immeuble, donc sa prime. Un restaurant, avec ses cuisines, ses friteuses et ses conduits d’extraction, est le cas le plus coûteux ; une boulangerie, un pressing ou un local de stockage le sont aussi. Selon l’activité, la majoration va d’environ 15 % à 50 % de la prime de l’immeuble.
Deux questions se posent à l’assemblée. Qui paie la surprime : toute la copropriété, ou le seul lot commercial qui la provoque ? Et le commerçant est-il lui-même bien assuré, avec une responsabilité civile qui couvre les dommages qu’il pourrait causer à l’immeuble ? La réponse à la première dépend du règlement de copropriété et des décisions d’assemblée.

Travaux en copropriété : faut-il une assurance dommages-ouvrage ?
Oui, dès que les travaux relèvent de la construction au sens de la garantie décennale : toiture, étanchéité, structure, extension, isolation thermique par l’extérieur dans bien des cas. Le syndicat des copropriétaires, maître d’ouvrage, doit alors souscrire une assurance dommages-ouvrage avant l’ouverture du chantier. Un ravalement de simple peinture n’en relève en général pas.
La dommages-ouvrage préfinance la réparation des désordres de nature décennale sans attendre de savoir qui est responsable. Son coût se compte en pourcentage du montant des travaux, souvent quelques pour cent. Elle se prépare avec le vote des travaux : sans elle, la copropriété attend parfois des années une indemnisation, et le syndic qui ne l’a pas souscrite engage sa responsabilité.
Pendant le chantier, prévenez aussi l’assureur de l’immeuble : échafaudages, toiture ouverte, bâches. Un orage sur une toiture découverte est l’un des sinistres les plus discutés entre assureurs.
Comment faire baisser la prime sans se sous-assurer ?
Faire baisser la prime d’une copropriété, c’est d’abord réduire la sinistralité, puis ajuster les franchises, et enfin mettre le contrat en concurrence au bon moment. Rogner les garanties ou sous-déclarer la surface fait toujours économiser moins que ce que coûte le premier gros sinistre.
- Traiter la cause des sinistres. Remplacer des colonnes en fonte, refaire une étanchéité, entretenir les chéneaux : un assureur suit les dossiers où la cause est réglée, preuves à l’appui.
- S’appuyer sur le plan pluriannuel de travaux. Désormais obligatoire dans la plupart des copropriétés, il montre à l’assureur que l’immeuble est entretenu.
- Ajuster la franchise. La relever allège la prime ; vérifiez que la copropriété peut garder ces petits sinistres à sa charge sans tension sur la trésorerie.
- Déclarer la surface exacte et les commerces réels, pour ne pas risquer une indemnité réduite.
- Demander la transparence sur la rémunération liée au contrat, si votre syndic en perçoit une.
- Mettre en concurrence avant l’échéance, avec un relevé de sinistres complet.
J’ai réuni ailleurs les erreurs qui coûtent cher en copropriété : la plupart se corrigent au renouvellement.

Quand et comment changer d’assureur ?
Le contrat d’assurance d’une copropriété se résilie en principe à son échéance annuelle, avec un préavis, souvent de deux mois. La résiliation à tout moment après un an, ouverte aux particuliers, ne s’applique pas, en principe, au contrat du syndicat, qui est une personne morale. Vérifiez la date d’échéance et le préavis dans les conditions particulières.
Le calendrier se construit donc à rebours. Pour une échéance au 1er janvier, il faut que l’assemblée ait voté le changement, ou mandaté le conseil syndical, avant la fin octobre. La mise en concurrence se prépare au printemps, avec le relevé de sinistres des cinq dernières années que l’assureur actuel doit vous communiquer.
Comment obtenir le bon prix pour votre copropriété ?
Le bon prix, c’est une prime qui achète exactement la couverture dont l’immeuble a besoin, sur une surface exacte et un dossier complet. Il s’obtient en préparant le dossier, en consultant plusieurs assureurs à garanties identiques, et en présentant à l’assemblée une comparaison lisible.

Les pièces que l’assureur demandera :
- le règlement de copropriété et l’état descriptif de division ;
- la surface développée, caves, combles et parkings compris ;
- la liste des lots et leur usage, commerces et professions libérales compris ;
- le relevé de sinistres des trois à cinq dernières années ;
- le plan pluriannuel de travaux, les derniers procès-verbaux d’assemblée et les travaux réalisés ;
- le contrat en cours et le dernier avis d’échéance.
Je ne vous promets pas le prix le plus bas. Je compare des offres à garanties aussi proches que possible, je vous signale les écarts de franchises et de plafonds, et je présente le tout au conseil syndical, puis à l’assemblée si vous le souhaitez. C’est tout l’intérêt de passer par un courtier spécialiste de la copropriété. Ma méthode, de la première analyse au suivi des sinistres, est détaillée sur ma page assurance copropriété.
Votre immeuble mérite un chiffre fondé sur ses murs et son histoire, pas sur une moyenne. Envoyez-moi votre contrat et votre dernier avis d’échéance, ou prenez rendez-vous : je vous dis ce qui manque, ce qui coûte trop cher, et quel ordre de grandeur attendre.